Comprendre et surmonter la résistance à la vaccination au Togo : enseignements clés du sondage dans les zones AGZT

Dans le cadre de sa mission de promotion de la vaccination et de l’immunisation au Togo, la Plateforme des Organisations de la Société Civile pour la Vaccination et l’Immunisation (POSCVI-TOGO), avec l’appui du ministère de la Santé et le soutien financier de GAVI, a conduit une enquête approfondie dans quatre zones administratives : Agoè-Nyivé, Golfe, Zio et Tchaoudjo. Ce sondage visait à identifier les freins majeurs à une couverture vaccinale optimale et à proposer des pistes d’action adaptées aux réalités locales.

Méthodologie et couverture

L’étude a mobilisé 1 888 participants répartis sur les quatre zones ciblées. Elle s’est déroulée en deux phases via la plateforme naomi-survey.com, permettant une collecte de données rigoureuse et représentative. Les résultats obtenus offrent une cartographie fine des perceptions, des craintes et des comportements liés à la vaccination.

Principaux enseignements

  1. Préoccupations dominantes
  • Effets secondaires potentiels : 28,51 % des répondants, avec une forte concentration à Agoè-Nyivé.
  • Efficacité du vaccin : préoccupation majeure à Tchaoudjo (92,25 %).
  • Méfiance envers l’industrie pharmaceutique : particulièrement marquée dans les zones urbaines du Golfe et d’Agoè-Nyivé.
  1. Sources d’information jugées fiables
  • Les médecins et professionnels de santé sont les plus crédibles (34,04 %), surtout à Zio.
  • Les services techniques du ministère de la Santé sont plébiscités à Tchaoudjo (84,97 %).
  • Les réseaux sociaux et influenceurs jouent un rôle non négligeable, mais leur fiabilité reste contestée.
  1. Attitudes envers la vaccination
  • 84,26 % des participants se disent favorables à la vaccination, mais avec des réserves.
  • Seuls 8,94 % l’approuvent sans hésitation, soulignant un besoin accru de sensibilisation.
  • Une minorité (5,74 %) reste fermement opposée, concentrée dans les zones urbaines.
  1. Dialogue avec les professionnels de santé
  • 74,47 % des répondants sont disposés à discuter de leurs craintes, avec des disparités marquées : 85,35 % à Agoè-Nyivé contre 23,81 % à Zio.
  1. Perception du rôle des autorités sanitaires
  • 50,21 % jugent leur rôle plutôt positif, avec un pic à Tchaoudjo (79,08 %).
  • Le faible taux de très positif (4,89 %) appelle à renforcer la communication institutionnelle.
  1. Vaccination contre le paludisme en 2025
  • 87,6 % des participants se disent indécis mais ouverts à faire vacciner leurs enfants.
  • Les zones rurales montrent une meilleure disposition, tandis que les zones urbaines expriment plus de réticence.

Recommandations stratégiques

Face aux disparités géographiques et socioculturelles révélées par l’enquête, POSCVI-TOGO recommande :

  • Le renforcement des campagnes d’information ciblées, adaptées aux préoccupations locales.
  • L’implication accrue des professionnels de santé et des leaders communautaires dans la sensibilisation.
  • La valorisation des témoignages personnels et des expériences positives pour rassurer les populations.
  • Le développement de partenariats avec les médias et les influenceurs pour contrer la désinformation.

Ce sondage constitue une base solide pour orienter les actions de POSCVI-TOGO et de ses partenaires. Il met en lumière la nécessité d’une approche différenciée, fondée sur l’écoute, la transparence et la proximité. En s’appuyant sur ces données, POSCVI-TOGO réaffirme son engagement à bâtir une société togolaise mieux informée, plus confiante et pleinement engagée dans la lutte contre les maladies évitables par la vaccination.

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